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Sorry but not sorry : j’ai cheaté et ce n’est pas grave

par | Déc 13, 2020 | Uncategorized | 0 commentaires

Entre les bières de la veille, le kebab de fin d’après-midi et le (piti) sundae avec caramel on top pour bien digérer, on sait que tu as cheaté fort le week-end dernier. Pas de panique, tu connais le dicton : « Que celui-ci qui n’a jamais cheaté te jette la première pierre ».

Focus sur le cheat-meal, ce repas lourdement controversé qui te donnera quelques sueurs grasses.

Le Cheat Meal : What the f*** is that ?

À l’origine, le cheat meal est un «repas triche». Ce meal de la triche donc, initialement dédié au sportif.ve.s de haut niveau, se justifie dans le cadre de compétitions intensives et de diètes ultras strictes. De temps à autre, ielles ont le droit de s’accorder un repas plus calorique que de coutume, le fameux cheat meal, pour relâcher toute la pression et tenir moralement.

Ce repas permettrait même de relancer un métabolisme un peu fainéant. Est-il toutefois adapté à nous, simples Moldus qui faisons du sport à la maison (merci Sissy Mua) ou qui préférons parfois le bus à la marche rapide ? La réponse dans un instant.

As-tu de bonnes raisons de cheater ?

Toi qui nous lis attentivement, si tu n’es pas un.e grand.e athlète, tu ne devrais pas te sentir concerné.e par cette définition du cheat meal et donc encore moins le pratiquer !

Avoir une alimentation équilibrée (produits bruts, légumineuses, féculents, légumes frais, protéines de qualité…) et y intégrer un dessert bien beurré de temps en temps est totalement compatible.

Que nul ne s’étonne de récolter les fruits de la frustration

Pourtant, nul à parier que tu te restreints parfois (souvent ?) pour rester fit et fuir la culpabilité qui te guette nuit et jour. Pour récompenser tous ces moments de grosses envies inassouvies, tu décides de t’accorder un repas bien bien sale, bien juicy comme dirait Doja.

Direction le restaurant de sushis à volonté à deux pas de chez toi pour dévorer tout ce qui te passe sous la main, sans réfléchir ni même réellement savourer chaque bouchée : tu gobes plus vite que ton ombre. Si, à chaque fin de semaine, tu as besoin de t’accorder un énorme repas with no limits au cours duquel tu exploses les compteurs de gras et de sucre raffiné, peut-être est-ce parce que tu es dans la frustration la majeure partie du temps ?

Sache-le : il n’y a pas pire ennemie que la frustration pour troubler ton équilibre alimentaire – déjà bien fragile avec tous ces BK qui courent les rues. Le cheat-meal, ce faux ami, est souvent un repas qui succède à de trop nombreux moments de privations. Tu avais possiblement très envie d’une belle part de gâteau au chocolat dans la semaine et tu te l’aies (difficilement) refusée.

Résultat : c’est samedi et tu te forces à la manger parce que tu l’as attendue comme Messi. Dommage, tu te l’offres avec quelques jours de retard et une dose culpabilité en plus.

Trouver l’équilibre tout en se faisant plaisir

«Manger pour vivre ou vivre pour manger ? Telle est la question». Toi comme moi, nous mangeons pour répondre d’abord aux besoins primaires de notre organisme. Mais manger, c’est aussi et surtout savoir se faire kiffer.

Alors, pour avoir un rapport plus apaisé à la nourriture, il est important de questionner son rapport à l’alimentation comme le plébiscite Maëlle Kaddah, naturopathe et co-créatrice du compte instagram Ma Vie Après* :

« Est ce que je mange quand j’ai faim ? Trop ? Pas assez ? Est-ce que je mange pour combler un besoin émotionnel ? Il est crucial de réapprendre à s’écouter, tenir compte de nos sensations corporelles ».

Souvent, on agit avant de réfléchir à l’origine même de nos actes. Les régimes restrictifs ne te veulent pas du bien. Plus tu auras un rapport détendue à la nourriture, plus tu te laisseras aller à une alimentation qui veut du bien à ta santé comme à tes papilles. Et moins tu auras besoin de cheater.

La frustration : cette ennemie qui veut ta peau

Ton corps n’est pas une machine et un mental négatif peut avoir des conséquences considérables sur ton physique. Maëlle Kaddah insiste lourdement sur ce point :

« Si tu te restreins trop, c’est une forme de stress que tu t’imposes. Pourquoi se stresser inutilement quand tu pourrais simplement écouter ton corps et tes envies ? Quand on apprend véritablement à s’écouter on a n’a moins de chance d’aller dans l’excès ».

Alors prends donc le temps de bien mastiquer, de kiffer cette belle assiette qui n’a d’yeux que pour toi. Tu as quand même bien le droit de t’accorder cette mousse au chocolat en fin de repas qui te fait saliver. Tu la savoures, tu la cajoles cette mousse et tu arrêtes de te prendre la tête inutilement. Merci.

La mastication en pleine conscience est d’ailleurs fondamentale car elle te permet d’ingérer exactement ce dont ton corps à besoin. Ni plus, ni moins. Quand tu ne prends pas ce temps (environ 15 à 20 minutes), tu risques de louper le message de satiété que t’envoie ton cerveau et donc de manger plus que de raison.

Pablo Escobar te conseille de mâcher au moins 20 fois !

À tes envies tu céderas et ton corps tu écouteras

Constance Gayet, diététicienne nutritionniste, le dit elle-même :

«Je préfère que mon patient reste à l’écoute de ses sensations. Si dans la semaine il passe devant une boulangerie et qu’il a envie de manger une petite pâtisserie, eh bien qu’il le fasse».

Tout est une question de fréquence et de quantités consommées. Il ne faut pas faire ça tous les jours, tout le temps, bien sûr. Mais quel mal y a-t-il à s’accorder une note sucrée en fin de repas si l’on en a envie ? Mieux vaut se l’accorder que de se sentir frustré.e et finir sa journée en orgie alimentaire à vider le placard à gâteaux devant une série Netflix pas folle.

On écoute les pros/ Le mot de la faim

Nos deux expertes de choc s’accordent à dire que ce n’est pas grave de faire des écarts. Il font partie de la vie et de son équilibre. Mais si tu as envie de te faire du bien, privilégie les écarts faits maison et la qualité à l’industriel. Une fois encore, c’est une suggestion et nullement une obligation. Il n’y a pas de problème à jeter son dévolu occasionnellement sur un muffin au beurre de cacahuète ou des tacos dégoulinant de fromage si c’est vraiment ce qui te fait plaisir, là, tout de suite. Pas de guilty pleasure, ni de cheat-meal : juste du plaisir en pleine conscience. This is la life.

Petit disclaimer et après on se taille avec élégance. Cet article s’inscrit dans une démarche pleine de bienveillance (parce qu’on vous aime bien les dalleux) mais il ne vaut évidemment pas oublier l’avis d’un professionnel de santé. Parce que nous sommes toutes et tous différents avec des antécédents de santé qui nous sont propres.

      

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